le paquet

 

Le paquet 01Paquet ou enfant ?

La 1ère déposition aux gendarmes jette la suspicion.

Ce ne serait pas au départ un enfant qui aurait été vu par vu par les témoins sur le lieu du crime.

 

Un livre-enquête publié en 2018 affirme nous éclairer sur ce cafouillage.

 

 

 

Le legiste 01l’alerte

 

Le 4 juin 1974, lendemain du rapt, le commissariat de Roquevaire reçoit un appel téléphonique depuis Toulon.

Il s’agit du conducteur de la voiture qui a pris en chasse christian Ranucci.

Que raconte-il aux gendarmes ?

Le livre-enquête paru en 2018 soutient la culpabilité de christian Ranucci. Il apparait donc à son auteur qu'il est impossible qu’on ait parlé d’un « paquet ». Pour cet ancien commissaire de Police non lié directement à l'affaire, le conducteur aurait dès le début évoqué un enfant.

Comment peut-il l'affirmer ?

L'auteur utilise deux arguments pour se justifier  :

1 - Si le témoin avait parlé d’un paquet, les gendarmes auraient réclamé des détails

2 - Pour seulement retrouver un paquet, ils ne se seraient pas rendus sur place le jour même

Une argumentation apparemment simple. C'est même plein de bon sens, reconnaissons-le.

L'absence de détail et le déplacement sur les lieux : on a là deux  postulats a priori imparables.

Et pourtant ….

 

 

 

Le paquet 03les déclarations

 

L’histoire « du paquet », l'auteur du livre-enquête n'y croit pas.

Ce paquet est pourtant cité d'une part dans les dépositions aux gendarmes de Roquevaire, mais d'autre part également dans celles de leurs collègues de Gréasque.

Rajoutons qu'un procès-verbal « de synthèse » est rédigé quelques jours après. On y évoque un homme qui « s’enfuit dans les fourrés en transportant un paquet assez volumineux ».

En réalité, ce qu’aurait pu voir le témoin c’est christian Ranucci accroupi devant l'aile arrière de sa voiture. Et ce qu’il tirait vers lui, c’est la tôle froissée pour la redresser.

S’il faut des précisions pour les gendarmes, les voilà. Mais pour y voir un quelconque rapport avec l’enlèvement, c'est toujours mieux d'y mettre « le paquet » ( jeu de mot fort à propos ).

 

Un paquet  ne suffit-il pas pour que les gendarmes aillent faire un tour, histoire de vérifier ?

C’est pourtant ce que conteste avec véhémence le livre-enquête :

« Et on veut croire que ladite patrouille n’est pas seulement partie à la recherche d’un « paquet assez volumineux » »

Pourtant cette histoire de paquet en rappelle un tout autre.

Une affaire fort connue …

 

 

 

Le paquet 04curiosité

 

Autre crime, autre lieu.

Le 13 juin 1981, la police recherche deux valises dans le bois de Boulogne.

Un chauffeur de taxi témoigne y a voir déposé un individu avec des bagages suspects. On retrouve les valises. Y sont découverts les restes d’un corps. Il s'agit de celui d'une malheureuse étudiante hollandaise.

Pour les policiers parisiens, la recherche et la découverte des deux valises se concluent par l’arrestation du coupable. C'est un étudiant asiatique : isseï Sagawa. Les journaux vont le faire connaître sous le nom du « japonais cannibale » !

 

En 1974, à Gréasque, 7ans auparavant, les gendarmes des Bouches-du-Rhône peuvent bien être tous aussi consciencieux que les policiers parisiens. Eux aussi sont prêts à se déplacer pour un paquet, comme leurs confrères le feront pour des valises.

 

 


Le paquet 05mimétisme

 

Quand intervient la "transformation" ?

Au commissariat de Roquevaire on a parle d'un paquet. A celui  de Gréasque aussi.

C'est à Marseille que tout change. Le paquet se transforme en enfant, et qui parle en plus. C'est du moins ce que l'on retient dans le témoignage recueilli à l’hôtel de police.

 

Et l’histoire de s’arrête pas là. Un autre témoin, le conducteur accidenté, avait supposé auprès des gendarmes que l’homme dans la Peugeot 304 était seul. Il rattrape son « retard » au tournant des années 2000.

Pour une interview filmée, le conducteur se souvient qu’il y avait un enfant sur le siège passager. Il est même capable de décrire sa position sur le siège. Mieux encore, il se rappelle de l’expression concentrée de son regard sur la route …

Et ces nouvelles révélations tardives son obtenues sans la moindre pression policière ou même médiatique. Il y avait le paquet qui devient l'enfant qui parle. 25 ans plus tard, il y a le siège vide ou apparait un enfant au regard attentif ...

 

 

 

Le culpabiliste 10 minconclusion

 

On sait que policiers et gendarmes ont parfois quelques difficultés pour collaborer.

Toujours est-il que l'ancien commissaire de Police n'aura trouvé aucun gendarme à citer dans son livre. Pas un seul pour lui affirmer qu'on leur avait parlé "d'enfant" et non pas de "paquet".

D'ailleurs, les gendarmes auraient-ils apprécié qu'on les accusent de ne pas se déplacer pour un  "paquet assez volumineux" ?

 

 

 

 

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