le plan
le plan de l'enlèvement : la mystification

chritian Ranucci réalise un plan du lieu d'enlèvement durant sa garde à vue
problème : ce croquis est démenti en 1999 par un policier présent à l’interrogatoire

les 2 lieux de stationnement


|
figure 1 |
figure 2 |
|
1974 : schéma correspondant au plan dessiné durant l'interrogatoire |
1999 : schéma correspondant aux propos rapportés par un policier présent à l'interrogatoire
|
Ces 2 schémas n'ont rien de décisif pour remettre en cause le plan dessiné au cours de l'interrogatoire.
On peut imaginer que christian Ranucci ait pu dans un premier temps se garer rue d'Albe. (fig.2 à droite)
Il aurait ensuite repris le volant pour aller chercher la petite fille dans la cour de la cité Saint-Agnès (fig.1 à gauche).
Mais il s'agirait d'un scénario trop compliqué pour être crédible.
En effet, même les tenants de la culpabilité de christian Ranucci rejettent cette hypothèse. Pourquoi déplacer sa voiture de quelques dizaines de mètres pour prendre la petite fille à bord ? Il aurait plus vite fait de l'amener avec lui à pied jusqu'à la voiture garée rue d'Albe.
dessin volontaire ou exigé ?
Voici les propos du policier en interview filmée de 2004 :
Il (christian Ranucci) connait pas Marseille.
Quand je lui demande :
« Comment ça se présente cette cité, et tout ? »
( réponse de christian Ranucci : )
« Oh, je peux faire un plan. »
INCOHÉRENCE n°1
D'une interview à l'autre, on découvre que le dessin réalisé par christian Ranucci n'est finalement pas de sa propre initiative :
|
propos tenus en 1999 * |
propos filmés en 2004 |
|
Et tout d’un coup je lui dis : « prends ce crayon, prends ce papier et dessine à peu près l’endroit, de mémoire » |
" C'est lui-même qui le propose. On l'aurait pas obligé de lui faire faire un plan. Une cité quelconque à Marseille, enlèvement d'enfant et c'est terminé." |
* les propos ont été recueillis en 1999 pour être publiés en 2006
où était garé la voiture ?
Face caméra le policier raconte encore :

– « Et la rue alors,
comment elle se présente
cette rue ? »
(question posée
à christian Ranucci)
Commentaire "off" du policier :
" Je savais que cette rue monte.
La rue d'Albe,
elle monte énormément "
C. Ranucci :
« Je suis arrivé devant un immeuble.
Je me suis garé. J'ai même calé.
Elle monte, elle monte énormément. »
remarque "off" du policier :
" effectivement, la rue d'Elbe est à 12 ou 15%. "
INCOHÉRENCE n°2
Si l'on s'en tient aux propos tels qu'ils sont rapportés par le policier, alors christian Ranucci a dessiné un plan qui ne correspond pas aux conditions de l'enlèvement.
On le voit ci-contre :
la voiture est schématisée par un rectangle.
Elle est sur le parking de la cité Saint-Agnès, au pied du pignon de l'immeuble.
La voiture n'est pas garée "dans la rue qui monte" comme dit christian Ranucci, soit la rue d'Albe tel que le précise le policier.
Ce plan est donc caduque.
pourquoi l'emplacement
de la voiture est-il crucial ?
Si la voiture est garée rue d'Able, un témoin essentiel ne peut pas la voir.
En l’occurrence le garagiste, celui qui tenait son atelier de réparation automobile un peu plus bas.
INCOHÉRENCE n°3
On a accusé le garagiste de s'être trompé sur la marque du véhicule. Un comble !
Mais il faudrait en plus croire qu'il aurait pu se tromper sur son emplacement. A savoir qu'il aurait vu une Peugeot 304 rue d'Albe. Et non pas comme il l'a dit dans sa déposition aux policiers, une Simca 1100 dans la cour de la cité Saint-Agnès.
A moins … à moins de reconnaître que les 2 véhicules, celui de christian Ranucci et celui dans lequel on a fait monter la petite fille n'ont rien à voir l’un avec l’autre.
la souris et l’éléphant
"Il nous fait un plan, mais vraiment précis.
Il marque même la présence « herbe ». "
Un plan vraiment précis ?
Il manque tout de même un détail dans ce plan que nous décrit l'ancien policier.
Il s'agit de ce fameux platane de la rue d'Albe.
INCOHÉRENCE n°4
Christian Rannuci s'est remémoré la bande gazonnée. Sur le plan il la représente, et même l'annote.
Mais pas l'arbre ?
Ce n'est certes qu'un simple détail. Mais c'est un peu comme si il avait remarqué une souris, et pas l'éléphant à côté !
Ce problème de végétation ramène à une supposition fort vraisemblable. Le plan serait décalqué, ou tout au moins repris sur le cadastre.
Et on peut dire que l'hypothèse est toujours d'actualité.
Il suffit de rechercher "rue d'Albe" dans les pages jaunes d'internet. On retrouve le même plan qu'au cadastre, c'est à dire avec les mêmes principes de représentation. A savoir que la surface gazonnée est effectivement représentée, mais jamais la végétation haute.
Déjà, il y a de sérieux doutes sur un plan "librement" dessiné par christian Ranucci. Mais en plus se dessine (c'est le cas de le dire), la possibilité qu'on lui ait fourni un modèle.
conclusion
Christian Ranucci pouvait-il connaître l'endroit ?
Tout à fait.
Christian Ranucci avait un copain d’armée qui habitait un peu plus haut que la cité Saint-Agnès. Il avait donc une bonne raison de se garer « dans la rue qui monte », juste au-dessus de l'entrée de la cité.
Ce n'est pourtant pas ce que représente le plan dessiné à l'interrogatoire.
On peut par conséquent en réfuter la cohérence avec les faits.
Mais que le plan soit volontaire ou exigé ne change rien à l'essentiel : ce plan est de toute manière faux.