le couteau

le couteau retrouvé à la champignonnière : l'explication

 

 Le couteau 3Le 6 juin 1974, les gendarmes retrouvent un couteau à l'entrée de la champignonnière.

 

 

Il est sous 20 cm de tourbe et appartient bien à christian Ranucci.

 

Est-ce pour autant l'arme du crime ?

 

Le couteau 15

 

 

 

Le couteau 5les aveux

 

 

La découverte du couteau se fait le soir même des aveux.

Dans le document qu'il signe, christian Ranucci explique s'être débarrassé du couteau en arrivant à l'entrée de la champignonnière.

 

"Je me suis engagé dans la piste qui donne accès à la galerie.

Le long de cette piste se trouve une espèce de place où est étalée de la tourbe.

C'est à cet endroit que je me suis débarrassé du couteau.

Je l'ai jeté à terre et j'ai donné un coup de pied dedans."

 

Dès ce stade, l'information est-elle logique ?

 

 

 

Le plan 06INCOHÉRENCE n°1

 

 Christian Ranucci aurait jeté le couteau à l'entrée de la galerie de la champignonnière.

Juste avant d'aller y embourber sa voiture.

 Il a donc dû s'arrêter et descendre du véhicule.

On peut alors se poser une question. Et on aurait même dû la lui soumettre :

"pourquoi avoir choisi de se débarrasser du couteau à ce moment là ?"

 

Le geste est totalement saugrenu. Car notre homme est pressé d'aller se cacher avec sa voiture. Il vient de conduire dans un chemin forestier particulièrement pentu. "Pour y aller, faut le vouloir" dira même le réalisateur xavier-marie Bonnot en 2011.

 

Voilà le fuyard à l'entrée d'une galerie qui pourrait être son havre de paix. Mais contre toute attente, il ne s'y engouffre pas.  Si l'on en croit les aveux,  il préfère subitement faire une pause. Histoire de jeter un coup d'œil à l'intérieur de la galerie ? Pas du tout ! Il s'arrête pour se débarrasser de son couteau. Est-ce bien le moment et l'endroit ?

 

Il n'a aucune garantie que quelqu'un aux alentours ne soit pas en train de l'observer. Dans cet endroit en apparence désert, le bruit de sa voiture devrait alerter quiconque dans les parages. Surtout qu'il s'arrête à l'entrée d'un tunnel d'où peut surgir quelqu'un intrigué par le bruit.

 

Il ferait mieux de s'enfoncer lentement dans le tunnel. Une fois à l'abri de tout regard indiscret, et s'assurant qu'il n'y a personne, il a tout loisir de faire tranquillement disparaître le couteau.

 

On peut donc sérieusement douter que le couteau ait été dissimulé, car la manière de s'y prendre décrite par les aveux manque franchement de discrétion en plus de faire perdre du temps.

 

 

 

Le couteau 6le désembourbage

 

Arrivée dans la galerie, christian Ranucci s'offre un temps de répit. Il va même s'assoupir.

Mais quand il s'agit de sortir, la voiture patine.

De la terre, des branches, et même un grillage sont mis à contribution pour être glissés sous les roues.

 

Ce sont les branches qui nous intéressent. Car précisément, il s'agit debranches d'ormeau. C'est ce qui pousse sur une souche d'orme.

Mais pour les couper, il faut un couteau. Comment a pu faire christian Ranucci qui selon ses aveux vient de se débarrasser de son couteau ?

 

 

 

Le plan 06INCOHERENCE n°2

 

Les tenants de la culpabilité ont au moins sur cette incohérence leur explication.

Dans la voiture de christian Ranucci, il y a aussi un opinel.

Alors pourquoi ne pas l'avoir fait disparaître également ?

Certes, l'objet est plus rassurant et moins "connoté" que le cran d'arrêt. Mais ça n'en reste pas moins une arme par destination.

Par conséquent, quelqu'un qui chercherait à faire disparaître les traces de son implication dans un forfait, pour parer à un contrôle routier par exemple, il lui faut se débarrasser également de l'opinel.

Ce serait une manière de se préserver dans l'immédiat. Mais à plus long terme, l'inverse pourrait se retourner contre un dissimulateur.

Passe pour l'opinel qui reste banal. Mais le cran d'arrêt, christian Ranucci l'avait toujours sur lui. Un ami de garnison interrogé à la préfecture de police le lui avait aiguisé. 

Si une piste d'enquête amène jusqu'à christian Ranucci, et qu'il dit ne plus avoir ce couteau en sa possession, cela peut paraître suspect. Surtout s'il ne l'a plus depuis le week-end de pentecôte.

 

 

 

Le couteau 8enfoui = caché ?

 

Sur l'indication des policiers, les gendarmes retrouvent le couteau.

Leur détecteur de métaux n'a auparavant pas cessé de sonner.

L'imposant tas de tourbe (170 m2) est encombré de boites de conserves rouillées. Il faut dire que l'endroit est un vrai dépotoir. Les employés de l'exploitation viennent y déverser les lits de culture qui se mélangent aux détritus.

Un couteau abandonné sur le tas risque vite de se retrouver enseveli. Aussi faut-il se demander si le couteau y a été enfoncé, ou s'il a été recouvert. La nuance est essentielle. "Enfoncé" voudrait dire "caché". "Recouvert" peut signifier "oublié".

Doit-on croire, comme selon les conclusions de l'enquête, que ce couteau a été caché ?

 

 

Le plan 06INCOHÉRENCE n°3

 

Entre la perte du couteau et l'investigation des gendarmes, 3 jours se sont écoulés.

La scène de crime est donc comme on dit aujourd'hui "polluée".

Mais le mot pollué peut être pris sous le sens qu'il avait à l'époque. En effet, ce tas de tourbe (ou de fumier selon d'autres descriptions) est une véritable dépotoir.

Il est d'ailleurs possible que le recouvrement se soit fait au moment même où christian Ranucci est à l'intérieur de la champignonnière.

Si le couteau est oublié à l'entrée, il est normal qu'il ne le retrouve plus en sortant.

 

 

 

Le couteau 10pas de trace

 

Les gendarmes donnent une précision essentielle dans leur PV de réception.

Le couteau à cran d'arrêt a été retrouvé fermé, enfoncé dans la tourbe à 20 cm de profondeur.

Si la lame est en position rentrée, dans ce cas l'objet n'a pas pu s'enfoncer aussi profondément en étant projeté. Comme le ferait un lanceur de couteau au cirque.

Les aveux nous éclairent sur ce point : ce serait un coup de pied, selon ce récépissé, qui aurait permis au couteau de s'enfoncer aussi profondément.

Est-ce possible ?

 

 

 

Le plan 06INCOHÉRENCE n°4

 

 Si le couteau a été enfoncé avec le pied comme on le prétend, il devrait y avoir une trace  en creux au niveau de l'impact de pénétration.

Or les observations de l'enquête précisent qu'ils n'y en a pas.

D'où la fumeuse théorie dite de "l'éponge" qui voudrait nous expliquer comment le couteau a pu être retrouvé si profondément sans tassement de la terre.

Quoi que l'on puisse penser de la théorie de "l'éponge", celle du recouvrement du couteau par des dépôts est bien plus simple et écarte toutes les contradictions.

 

pour en savoir plus cliquez : " la théorie de l'éponge "

 

 

 

Le couteau 13la reconstitution

 

 

 

Le couteau 15

 

Le 24 juin, christian Ranucci est conduit sur les lieux.

Le policier auquel il est menotté témoigne :

"Il m’a traîné d’un coup sur une vingtaine de mètres.

 Quitte à me faire trébucher. »

S'en suit la description d'un inculpé qui après avoir entraîné avec lui le policier est plutôt fier de montrer au juge d'instruction l'endroit précis où il avait laissé son couteau.

Et c'est effectivement l'endroit où les gendarmes l'ont retrouvé.

Doit-on prendre la réaction de l'inculpé pour un aveu de culpabilité ?

 

 

 

Le plan 06INCOHÉRENCE n°5

Seul un assassin particulièrement sadique revendiquerait fièrement son acte en exhibant fièrement le lieu où l'arme aurait été retrouvée.

 Christian Ranucci n'est pas de cette variété de caïd ou de dément.

Ceci devrait automatiquement plaider en sa faveur.

Ou tout au moins instiller le doute sur sa culpabilité.

 

 

 

  Le couteau 17la scène

 

Le jour de la reconstitution christian Ranucci  est conduit sur le lieu précis où a été retrouvé le cadavre.

Une heure plus tard, il ne peut pas, ou ne veut pas mimer l'assassinat.

Il va même craquer.

"Chiqué !" diront ceux qui le croient coupable.

Le suspect a-t-il joué la comédie ?

 

 

 

Le plan 06INCOHÉRENCE n°6

 

Il est possible que christian Ranucci simule le désarroi au moment où on lui demande de mimer l'acte de crime.

Mais alors pourquoi changerait-il de "jeu d'acteur" juste après ?

On le voit craquer et refuser de poignarder une poupée en chiffon avec un coin en bois. Voilà que juste après, selon le policier, il montre "crânement" l'endroit où il avait laissé son couteau.

 

Le retour au calme du suspect n'a qu'une explication logique. Le couteau retrouvé à la champignonnière n'a rien à voir avec le crime dont on l'accuse. C'est peut-être même la seule interprétation possible.

 

 

Le couteau 21un objet compromettant ?

 

 

« Il avait l’air d’y tenir à son couteau »

 C'est ce que déclare le  policier qui l'accompagne tout au long de la reconstitution.

 Christian Ranucci  a conservé - selon les assertions de l'enquête - le pantalon taché de sang dans le coffre de la voiture.

Est-il normal que le couteau ait pu être abandonné ?

 

 

 

Le plan 06INCOHÉRENCE n°7

 

 Qu’est-ce qui est le plus compromettant :

- un couteau que l’on nettoie d'un coup d'éponge

 - un pantalon que même les lavages

 ne garantissent pas de faire disparaître les traces ?

S'il y avait un choix à faire, christian Ranucci dispose d'une nourrice d'essence. De quoi nettoyer facilement la lame en inox du cran d'arrêt.

Convenons-en : ce couteau a été oublié sur le tas de tourbe. Il n'a nullement été dissimulé.

D'ailleurs le pantalon méritait bien plus d'être détruit ou abandonné. Il était usé, servant au bricolage.

 

 

   Le couteau 22bilan

 

 

7 relevés d'incohérence sont développés précédemment.

Quiconque est capable de répondre de manière convaincante à chacune d'elle rendrait de ce fait les conclusions de l'enquête concernant le couteau plausibles.

Une reconstitution plus logique et crédible de ce qui s'est réellement déroulé le 3 juin, jour de l'accident, aurait mérité d'être envisagée.

A savoir, un tout autre scénario que nous allons développer ci après ...

 

 

 

Le couteau 23le scénario possible

 

Christian Ranucci enlise sa voiture au fond d’une champignonnière.

Il s’y cache après l’accident de circulation dont il était responsable.

«Il a eu beau mettre des pierres

et des branches d’ormeau,

ça n’a pas suffit à sortir sa voiture

de la champignonnière ».

                       (interview d'un ancien policier)

Christian Ranucci a besoin de bois pour mettre sous les pneus de sa voiture. Pas de hache ni de scie dans son coffre. Il ne risque pas d’abattre un orme. Tout au plus a-t-il un couteau à cran d’arrêt. Il se contente de couper des branches d’ormeau.

Le voilà qui descend dans la galerie, les bras chargés de branchage. Il a au préalable laissé son couteau sur le tas de tourbe à l’entrée. Tout comme le bucheron qui plante sa cognée sur une vieille souche avant de rentrer les fagots dans la grange.

Mais ses efforts sont vains.

Seul le tracteur des exploitants de la champignonnière permettra de sortir son véhicule.

 

Il commence à se faire tard, il est fatigué, et le voilà pressé de retrouver le domicile de sa mère à Nice.

Il oublie derrière lui ce couteau qui ne lui a finalement pas été très utile. Comparé aux dégâts de l’accident sur sa voiture, c’est une perte bien futile, une préoccupation secondaire.

 

 

 

Le couteau 24conclusion

 

 

On affirme que les innocents se défendent toujours plus mal.

Cette même logique fait qu’ils ne prennent pas de précaution contre ce qui pourrait servir à les accuser.

Christian Ranucci n’a jamais utilisé son couteau pour tuer. Le retrouver pouvait servir d’élément à charge contre lui. S'il n'y a pas songé, c'est que ce couteau n'a servi qu'à couper des branches d'ormeau.

Ceci éclaire de manière définitive les propos qu’il tient le 7 juin 1974 à la prison des Baumettes devant le psychiatre :

« le couteau ? Je l’ai toujours sur moi,

car je m’en sers comme un outil ».

Nulle perversion ni cynisme à voir derrière cette phrase.

Juste la logique d'un homme innocent.

 

 

pour en savoir plus sur ce que représentait

un couteau rétractable dans les années 1970,

cliquez : " un couteau cran d'arrêt "

 

ou revenez à : " la folie "

 

 

 

 

  • 5 votes. Moyenne 2.6 sur 5.